my thanks to Andrea Aversa for the text below that my images inspired him:
"L'homme a été créé debout levant sa figure vers le ciel"
George Buraud
A short time ago I found myself observing the flow of water in the middle of the city, realizing that mine was not a simple observation, but rather a contemplation. Man contemplates the flow of things, I thought, and this must have always been so (panta rei, everything flows, the Greeks said): even when this flow, these moving water, are not crashing waves, part of a majestic river, a winding stream or a waterfall, but a simple stream of water, used by the garbage collectors to clean the streets of Paris. But wave, river, stream, waterfall and sewer stream have this in common: they take away the debris and this sense of purification, of a magically broken sedimentary spell, is perhaps the basis of the contemplative act. The essence of our gestures, even the most everyday ones, would therefore refer to something ancestral, a trace of our genetic heritage (trace: line or sign that leave things dragged on the ground): something that is precisely "passed here" and of which we can no longer distinguish its silhouette, but only the sign of its passage. In this search for origins, something should definitely be said on the advertising panel and its presence in our daily lives. Billboardé is a relatively modern term (dated in dictionaries, with exacting accuracy, to the 1845). It is in his etymology that one finds his heritage: bill, from the Latin bulla, document , edict; and board, flat board. The billboardé therefore something ufficiale, imposed, a communication that not only informs, but orders, intimate (intimate, introduce, make known: something that enters in our intimacy, which knows the most intimate desires): the advertising panel is therefore a command that affects our intimacy with precision targeted (knows that it will not fail, that the delivery of the message will be successful). And in this dialectic of power, it is interesting to consider the "post no bill", the edict that affiggendosi would deny itself, denying its authority, or the "défense d'afficher", a ban in some way already contradicted by his own physical writing on wall. In short, the billboard is something that has been successfully imposed on us, even when it is absent. An imposition from above, certainly physical: usually, the billboard was affisso at a height on fficiently high to be read by everyone. Let’s imagine the scene, the ufficiale that arrives, affigge the document, immediately a shack is created in front, people who snort, stretch the neck, look up, try to understand who announced what. Looking upwards, here is the ancestral gesture that the advertising panel brings with it: to raise your head, turn your gaze to heaven, to the gods, in the hope of a sign, because the law comes from above (think of the tablets of the Ten Commandments)and so is the approval or disapproval of what is happening here on earth. A gesture that, as in the case of the sewer stream, can make you blush with frustration, and make you think of an emptying of the sky, a neutralization of its most spiritual meanings: a divine presence that, trivialized behind the panels, can no longer be questioned. But in BILLWORLThe gesture of raising his head suffers a further short circuit. Following the duality "head high"/ "head down" present in Deleuze - Guattari, "Kafka, for a minor literature" (the head high is the "desire to rise..." that "...opens to new connections" while the head down instead "...desire blocked, that subdues or is subdued"), we discover that when our gaze opens towards the sky, questioning it with wonder, observe, in 99% of cases, the same thing as when we remain head down (for example, on our phones: see the beautiful photo on the back cover). A short circuit of desire, a desire that no longer springs from the management of opposites, but that is debased, corrupted, causes sparks by connecting to the same pole. Looking at the sky now seems quite banal, wherever you go. Europe, China, USA, South America; the resulting collection of photographs is not a critique of the consumer society, the meddling of images, unbridled luxury, landscape pollution, the redundancies and contradictions that inevitably arise from each economic and political system and with which we all find ourselves having to live: or rather it is all this, but not only. In BILLWORLD there is , in fact, a third "functional block" (I quote Deleuze Guattari again), able to temporarily make the desire flow out of the short circuit: it is the "head at half height", the gaze fixed in front, lost in the void, like the gentleman waiting for the vaporetto in Venice (pg...). To avoid bullying her back, to justify this act of rebellion with the absence of the gaze. Pretending not to have eyes, and consequently disappear, just like children playing hide and seek: eyes covered by their own hands, believe they have become invisible to the eyes of their parents and playmates. Leave until the arrival of the vaporetto, then embark discreetly, thinking that you have got away; intoxicate with the smell of lagoon diesel, at least until the next panel.
Andrea Aversa 2019
fr C'est lors de mes déplacements à Milan pour mon projet Interférences que j'ai réalisé à quel point la ville était peuplée d'images publicitaires s'affichant comme des apparitions dans le paysage urbain. Le rapport d'échelle des objets, personnages et visages exposés ajoute une dimension supplémentaire à l'étrange sensation que ces panneaux provoquent au quotidien. En partant de là j'ai collectionné, au fil de mes voyages, cette série de montres géantes, visages et personnages surdimensionnés, créant ainsi une sorte d'iconographie religieuse du culte de la consommation.
mes remerciements à Andrea Aversa pour le texte ci dessous que mes images lui ont inspiré:
"L'homme a été créé debout levant sa figure vers le ciel"
George Buraud
Il y a peu, je me suis retrouvé à observer le flux de l’eau au milieu de la ville, me rendant compte que la mienne n’était pas une simple observation, mais plutôt une contemplation. L’homme contemple le flux des choses, pensais-je, et cela doit être ainsi depuis toujours (panta rei, tout coule, disaient les Grecs) : même quand ce flux, ces litres d’eau en mouvement, ne sont pas des vagues qui se brisent, partie d’une rivière majestueuse, un ruisseau perché ou encore une cascade, mais un simple filet d’eau, utilisé par les éboueurs pour nettoyer les rues de Paris. Mais les vagues, les rivières, les ruisseaux et les égouts ont ceci en commun : ils emportent avec eux les débris et ce sens de purification, de sortilège sédimentaire magiquement rompu, est peut-être à la base de l’acte contemplatif. L’essence de nos gestes, même les plus quotidiens, reposerait donc sur quelque chose d’ancestral, une trace de notre patrimoine génétique (trace : ligne ou signe qui laissent au sol les choses traînées) : quelque chose qui est "passée par ici" et dont nous ne pouvons plus distinguer la silhouette, mais seulement le signe de son passage. Dans cette recherche des origines, quelque chose devrait certainement être dit sur le panneau publicitaire et sa présence dans notre quotidien. Billboard est un terme relativement moderne (daté dans les dictionnaires, avec une précision qui inquiète, à 1845). C’est dans son étymologie que se trouve son héritage : bill,du latin bulla, document , décret; et planche, planche à plat. Le billboard est donc quelque chose d’officiel, d’imposé, une communication qui non seulement informe, mais ordonne, enjoint (]]imposer[[, introduire, faire connaître]] : quelque chose qui entre dans notre intimité, qui en connaît les désirs les plus intimes. Le panneau publicitaire est donc un ordre qui frappe notre intimité avec une précision ciblée (il sait qu’il n’échouera pas, que la remise du message ira à bon port). Et dans cette dialectique du pouvoir, il est intéressant de considérer le ["post no bill]", l’édit qu'en s'affichant se nierait lui-même, en niant son autorité, ou "défense d’afficher", une interdiction en quelque sorte déjà contredite par sa propre écriture physique sur le mur. Bref, le billboard est quelque chose qui nous est imposé avec succès, même quand il est absent. Une imposition d’en haut, certainement physique : habituellement, le billboard était affiché assez haut pour être lu par tous. Imaginons la scène, l’officier qui arrive, appose le document, immédiatement une petite foule se crée en face, les gens jouent des coudes, tordent leur cou, lèvent les yeux, cherchent à comprendre qui a annoncé quoi. Regarder vers le haut, voici le geste ancestral que le panneau publicitaire porte avec lui : lever la tête, tourner le regard vers le ciel, vers les dieux, dans l’espérance d’un signe, car la loi vient d’en haut (pensons aux tables des dix commandements) De même que l’approbation ou la désapprobation de ce qui se passe ici sur terre. Un geste qui, comme dans le cas du ruisseau des égouts, peut faire rougir de frustration, et faire penser à une vidange du ciel, une neutralisation de ses significations plus spirituelles : une présence divine qui, banalisée derrière les panneaux, ne peut plus être questionnée. Mais dans BILLWORLD le geste de lever la tête subit un court-circuit supplémentaire. Suivant la dualité "tête haute"/ "tête baissée" présente dans Deleuze - Guattari, "Kafka, pour une littérature mineure" (la tête haute est le "désir qui se relève..." qui "s’ouvre à de nouvelles connexions" tandis que la tête baissée est au contraire "...désir bloqué, qui soumet ou est soumis"), nous découvrons que lorsque notre regard s’ouvre vers le ciel, en l’interrogeant avec émerveillement, il observe, dans 99% des cas, la même chose que lorsque nous restons la tête baissée (par exemple, sur nos téléphones : voir la très belle image sur la 4 -ème de couverture). Un court-circuit du désir, un désir qui ne découle plus de la gestion des contraires, mais qui s’avilit, se corrompt, provoque des étincelles en se connectant au même pôle. Tourner le regard vers le ciel semble désormais tout à fait banal, où que l’on aille. Europe, Chine, États-Unis, Amérique du Sud; la collection de photographies qui en résulte ne se présente pas comme une critique de la société de consommation, de l’ingérence des images, du luxe débridé, de la pollution du paysage, des redondances et des contradictions qui inévitablement se dégagent de chaque système économique et politique et avec lesquelles nous devons tous vivre : ou plutôt c’est tout cela, mais pas seulement. En effet, dans BILLWORLD se dessine -non sans ironie- un troisième "bloc fonctionnel" (je cite encore Deleuze Guattari), capable de faire circuler, temporairement, le désir hors du court-circuit : c’est la "tête à mi-hauteur", le regard fixe devant, perdu dans le vide, comme le personnage assis attendant le vaporetto à Venise. Se soustraire avec panache en lui tournant le dos, justifier ce geste de rébellion par l’absence du regard. Prétendre ne pas avoir d’yeux, et par conséquent disparaître, comme le font les enfants qui jouent à cache-cache : les yeux couverts par leurs propres mains, ils croient qu’ils sont devenus invisibles aux yeux de leurs parents et de leurs camarades de jeu. S’absenter jusqu’à l’arrivée du vaporetto, puis s’embarquer discrètement, en pensant s’en être sorti ; s’enivrer de l’odeur du diesel lagunaire, au moins jusqu’au prochain panneau.
Andrea Aversa 2019
it È stato durante i miei viaggi a Milano per il mio progetto "Interferences" che mi sono reso conto di quanto la città fosse popolata da immagini pubblicitarie che si manifestavano come apparizioni nel paesaggio urbano. Il rapporto di scala degli oggetti, dei personaggi e dei volti esposti aggiungeva una dimensione supplementare alla strana sensazione che questi pannelli provocano quotidianamente. Partendo da qui ho collezionato, nel corso dei miei viaggi, questa serie di orologi giganti, volti e personaggi di grandi dimensioni, una sorta di iconografia religiosa del culto del consumo.
un grande ringraziamento ad Andrea Aversa per il testo qui sotto che le mie immagini gli hanno ispirato:
"L'homme a été créé debout levant sa figure vers le ciel"
George Buraud
Poco tempo fa mi sono ritrovato ad osservare lo scorrere dell'acqua in mezzo alla città, rendendomi conto che la mia non era semplice osservazione, quanto piuttosto una contemplazione. L'uomo contempla lo scorrere delle cose, pensavo, e questo deve essere così da sempre (panta rei, tutto scorre, dicevano i greci): anche quando questo scorrere, questi litri d'acqua in movimento, non sono onde che si infrangono, parte di un fiume maestoso, un ruscello inerpicato o ancora una cascata, ma un semplice rigagnolo d'acqua, utilizzato dai netturbini per pulire le strade di Parigi. Ma onda, fiume, ruscello, cascata e rigagnolo fognario hanno in comune questo: portano via con sé i detriti e questo senso di purificazione, di incantesimo sedimentario magicamente rotto, é forse alla base dell'atto contemplativo. L'essenza dei nostri gesti, anche quelli più quotidiani, si rifarebbe dunque a qualche cosa di ancestrale, una traccia del nostro patrimonio genetico (traccia: linea o segno che lasciano in terra le cose trascinate): qualche cosa appunto che é "passata di qua" e della quale non riusciamo più a distinguerne la silhouette, ma solo il segno del suo passaggio. In questa ricerca delle origini, qualcosa andrebbe sicuramente detta sul pannello pubblicitario e la sua presenza nel nostro quotidiano. Billboard é un termine relativamente moderno (datato nei dizionari, con precisione che inquieta, al 1845). È nella sua etimologia che si trova il suo retaggio: bill, dal latino bulla, documento, editto; e board, tavola piatta. Il billboard é dunque qualcosa di ufficiale, di imposto, una comunicazione che non solo informa, ma ordina, intima (intimare, introdurre, far conoscere: qualcosa che entra nella nostra intimità, che ne conosce i desideri più intimi): il pannello pubblicitario é dunque un comando che colpisce la nostra intimità con precisione mirata (sa che non fallirà, che la consegna del messaggio andrà a buon fine). E in questa dialettica di potere, é interessante considerare il "post no bill", l'editto che affiggendosi si auto negherebbe, negando la propria autorità, o la "défense d'afficher", una divieto in qualche modo già contradetto dalla propria scrittura fisica sul muro. Insomma il billboard é qualcosa che ci é imposto con successo, anche quando é assente. Un'imposizione dall'alto, sicuramente fisica: di solito, il billboard veniva affisso ad un'altezza sufficientemente elevata per poter essere letto da tutti. Immaginiamo la scena, l'ufficiale che arriva, affigge il documento, subito un capannello si crea di fronte, la gente che sgomita, allunga il collo, alza lo sguardo, cerca di capire chi ha annunciato cosa. Guardare verso l'alto, ecco il gesto ancestrale che é il pannello pubblicitario porta con sé: alzare la testa, rivolgere lo sguardo verso il cielo, verso gli dei, nella speranza di un segno, poiché la legge viene dall'alto (si pensi alle tavole dei dieci comandamenti), e così anche l'approvazione o la disapprovazione di ciò che accade qui sulla terra. Un gesto che, come nel caso del rigagnolo fognario, può far arrossire di frustrazione, e far pensare ad uno svuotamento del cielo, una neutralizzazione dei suoi significati più spirituali: una presenza divina che, banalizzata dietro ai pannelli, non può più essere interrogata. Ma in BILLWORLD il gesto di alzare la testa subisce un ulteriore cortocircuito. Seguendo la dualità "testa alta" / "testa bassa" presente in Deleuze - Guattari, "Kafka, per una letteratura minore" (la testa alta é il "desiderio che si rialza..." che "...si apre a nuove connessioni" mentre la testa bassa é invece "...desiderio bloccato, che sottomette o é sottomesso"), scopriamo che quando il nostro sguardo si apre verso il cielo, interrogandolo con meraviglia, osserva, nel 99% dei casi, la stessa cosa di quando restiamo a testa bassa (ad esempio, sui nostri telefoni: si veda la bellissima foto in retro copertina). Un cortocircuito del desiderio, un desiderio che non scaturisce più dalla gestione degli opposti, ma che si svilisce, si corrompe, provoca scintille collegandosi al medesimo polo. Volgere lo sguardo al cielo sembra ormai del tutto banale, ovunque si vada. Europa, Cina, Stati Uniti, America del Sud; la raccolta di fotografie che ne nasce non si pone come una critica alla società dei consumi, all'ingerenza delle immagini, al lusso sfrenato, all'inquinamento paesaggistico, alle ridondanze e alle contraddizioni che inevitabilmente si dipanano da ciascun sistema economico e politico e con le quali tutti ci ritroviamo a dover convivere: o meglio é tutto questo, ma non solo. In BILLWORLD si delinea infatti -non senza ironia- un terzo "blocco funzionale" (cito ancora Deleuze Guattari), capace di far fluire, temporaneamente, il desiderio fuori dal cortocircuito: é la "testa a mezza altezza", lo sguardo fisso di fronte, perso nel vuoto, come il signore in attesa del vaporetto a Venezia (pg...). Sottrarsi alla bulla dandole le spalle, giustificare questo gesto di ribellione con l'assenza dello sguardo. Pretendere di non avere occhi, e di conseguenza scomparire, proprio come fanno i bambini che giocano a nascondino: gli occhi coperti dalle proprie mani, credono di essere diventati invisibili agli occhi dei propri genitori e compagni di gioco. Assentarsi fino all'arrivo del vaporetto, poi imbarcarsi discretamente, pensando di averla fatta franca; inebriarsi con l'odore del diesel lagunare, almeno fino al prossimo pannello.
Andrea Aversa 2019