Depuis les années 70 je photographie essentiellement des natures mortes en studio avec des chambres de grand, voire de très grand format. Cette pratique très exigeante oblige à une certaine rigueur et une grande concentration qui confine parfois à une sorte d’autisme. En 1990 Polaroid sort, pour mon grand bonheur, un nouveau modèle appelé en France « Image Elite Pro ». Il utilise des films d’un nouveau format et offre de nombreuses fonctionnalités comme la superposition d’images. Il permets également de réaliser des plans serrés à l'aide d'accessoires séparés. Bref un petit bijou qui ajoute à l’instantanéité du procédé une technologie inattendue pour ce type d’appareil. Je le découvre dès sa sortie et j’en tombe tout de suite amoureux, son utilisation est totalement à l’opposée de mes habitudes de studio et devient une sorte de thérapie sur une période de 10 ans ( 1990 / 2000 ). Des centaines d’images de voyages, balades, paysages, famille, amis ou personnages rencontré par hasard. Le développement immédiat de l’image oblige, pour une surimpression, à réagir vite, sans réfléchir, en cherchant à proximité le second sujet. Le résultat est souvent inattendu, fruit du hasard et de drôles d’associations d’idées. L’inconscient se retrouve expulsé par les rouleaux du Polaroid et la relation avec le sujet devient une sorte de jeux et de partage.